Recherche et développement

“CONTEXTE”

Mode de production, ressources, sécurité alimentaire.

société industrielle et nature

Les sociétés occidentales industrielles sont caractérisées par plusieurs vulnérabilités :

  • Le système de production alimentaire et de distribution repose sur de constantes perfusions, organisées en système complexe d’acteurs et de flux interdépendants : transport (engrais, alimentation, médicament), énergie, logistique (stockage, redistribution), capitaux et informations. 
  • Le système social est individualiste et compétitif par rapport à d’autres organisations sociales qui ont des structures plus collaboratives. 
  • La perte des savoirs pratiques : Nos territoires occidentaux sont spécialisés dans les métiers du secteur tertiaire au désavantage des métiers du  secteur primaire et secondaire. Ainsi,  les savoirs pratiques relatifs au vivant se sont étiolés au fil du temps depuis la révolution verte, et les fractures entre la recherche scientifique et les savoirs pratiques des agriculteur-trice-s se sont creusés.
  • La déconnexion à la nature.

Depuis 2014, nous faisons l’expérience concrète d’autres modèles. Nous partons des observations du terrain pour modéliser. L’observation en temps réel et les études longitudinales sont les fondements de nos démarches pour élaborer des outils de transition agricoles pratiques, faciles à mettre en place, basés sur les basses technologies. 

Pour cela, nous les avons testés dans différents types de climats :

  • Climats continentale humide, tropical, subtropical, montagnard-méditerranéen,
  • Climats sociaux-politiques (individualiste vs soudé ; capitalisme vs communisme),
  • Climats économiques (pays riches vs pays en voie de développement),
  • Climats politiques (pays stables vs pays instables comme la Birmanie),
  • Climats religieux (monothéiste vs polythéiste).

En France, les expérimentations ont débuté en 2019 et sont réalisées au sein de la Ferme Blue Soil de la Drôme. Elles consistent en l’élaboration d’outils et de méthodes agricoles adaptées aux zones rurales et urbaines 

Ces derniers sont pensés à partir du biomimétisme (c’est l’imitation technique des fonctions et processus mis en œuvre dans la Nature) et conçus pour :

  • Être duplicable dans n’importe quel climat, 
  • Être pratique à mettre en place,
  • Facile à maintenir dans le quotidien des paysan-nes, des particuliers, de la collectivité,
  • utiliser des basses technologies (Low-tech).

L’urgence de devenir plus sage

Les connaissances des peuples premiers sont très peu étudiées jusqu’à ce jour en Europe et aux États Unis. Si leurs modes de vie et leurs organisations sociales sont différents, ils sont pourtant en quelque sorte, les premiers écologues et agronomes du monde en ayant réussi pendant des siècles à s’intégrer sans détruire leurs écosystèmes.

La colonisation a effacé de nombreux héritages, privatisé de nombreuses terres et détruit des écosystèmes entiers. Plus récemment, avec la globalisation de l’agriculture, nos modes de production et de consommation sont responsables de l’appauvrissement de la biosphère à l’échelle internationale.

La vie quitte nos sols, le cycle de l’eau est rompu à mesure que la biodiversité s’effondre. 

Par ailleurs, le rythme de notre société et la qualité de nos aliments influencent notre santé, nos comportements et nos défenses immunitaires. Le bon fonctionnement de notre microbiote intestinal dépend étroitement de la santé du microbiote des sols (article Déboussolé et perfusé, Marie Andéres et Stéphane Linou) qui lui-même dépend de la santé du microbiote territorial (Stéphane Linou, Résilience alimentaire et sécurité nationale).

Il devient urgent de sortir des pensées en silo, sortir de la pensée dissociative afin d’opter pour une compréhension holistique, une vision intégrative et régénératrice du vivant dans nos modes de production.

En août 2019, le GIEC a publié un rapport affirmant le lien entre l’insécurité alimentaire actuelle et nos méthodes de production alimentaire non durables. Dès la parution du rapport, nous avons résumé en français ce qu’il disait.

“Giec 2019 : la nécessaire r-évolution de l’agriculture”

Le dernier rapport du GIEC est alarmant et sans équivoque : en détruisant nos terres arables, l’agriculture intensive met en danger notre sécurité alimentaire. – Céline Basset

Lire l'article

DISPARITION DE LA BIOLOGIE DES SOLS

Un sol est qualifié de tel lorsque sa composition respecte ces 3 caractéristiques (sinon c’est une matière morte) :

  • Sa texture (sable, limon, argile, silice…),
  • Sa matière organique,
  • Sa biologie.

L’obsolescence de nos modes de production et du système agricole est fondée sur la nécessité de dérégler un écosystème initial afin de le reparamétrer sur les besoins des humains. La destruction de la biologie des sols par notre activité a donc engendré un système de dépendance aux intrants, eux-mêmes indexés sur l’importation de ressources naturelles dont nous ne disposons pas sur notre territoire ou qu’elles sont ignorées.

Notre méconnaissance du macro-organisme Terre nous a conduits à faire des choix court termistes en ce qui concerne la pérennité de notre espèce.

Nourrir les plantes plutôt que les sols est contre-productif sur le long terme. Déforester pour installer des kilomètres de champs en monoculture revient à détruire une biodiversité équilibrée qui savait s’autoréguler et garder l’eau dans le sol. L’installation d’une steppe désertique perfusée aux intrants chimiques indexés sur l’extraction du phosphore dans 5 pays nous rend encore plus vulnérables.

Rareté de l’eau

3% seulement de l’eau de la Terre est douce, 97% est salée. La distribution d’eau douce se répartit de la manière suivante :

  • Les eaux de surface continentales,
  • Les eaux souterraines (nappes phréatiques),
  • Les eaux gelées qui fondent rapidement avec le dérèglement climatique,
  • Les rivières et lacs qui s’assèchent.

« L’eau est le sang des terres, le cœur des forêts, le point d’équilibre de notre climat et le gardien de notre alimentation. » C.B.

Notre gestion de l’eau n’est pas en phase avec les ressources disponibles. Notre méconnaissance de cet élément, pourtant si vital, conduit nos écosystèmes vers une désertification rendant les sols stériles.

Nos modes de production consomment une quantité largement supérieure au renouvellement du cycle de l’eau. L’exemple de l’utilisation de l’eau potable pour nos toilettes dans les pays développés alors que le reste du monde ne dispose d’aucun accès à l’eau potable (ou à l’eau tout simplement), témoigne de la mauvaise gestion de cette ressource.

En 2019, la France comptait 73 départements dans en état d‘alerte hydrique et de restriction hydrique.

En avril 2018, le gouvernement sud-africain a limité la consommation d’eau de la ville du Cap à un ratio de 40 litres par personne. Cela représente 4 chasses d’eau par jour. 40 litres pour nettoyer la vaisselle, arroser le jardin, prendre la douche, faire la cuisine… Pendant ce temps, les agriculteurs ne pouvaient pas arroser leurs terres et subissaient une perte importante. L’armée a réquisitionné les ressources d’eau afin de les redistribuer à la population. 

En France, l’eau douce quitte silencieusement nos sols. La déforestation, nos modes de production, de consommation, la bétonisation des terres agricoles sont des facteurs dont nous pouvons changer la gestion.

Nous avons besoin d’outils de transition agricoles capables :

  • De produire des aliments de manière naturelle, 
  • D’économiser l’eau douce, 
  • De régénérer les services écosystèmiques, 
  • Des moyens pour dépolluer les cours d’eau 
  • Des moyens pour relocaliser les cycles biogéochimiques

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/giec-devoile-rapport-sur-oceans

Nos démarches stratégiques sont inspirées du biomimétisme et conçues pour répondre aux enjeux actuels et complexes.

Réferences

Références (ouvrir)

Drought in France: One third of the country is now in a « crisis situation » (2019) https://www.thelocal.fr/20190829/drought-in-france-one-third-of-the-country-is-now-in-a-crisis-situation


Drought and Water Crisis in Southern Africa (2018) https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/bitstream/JRC111596/drought_water_crisis_in_southern_africa2018_doi_isbn.pdf


Urban Ecosystem-Level Biomimicry and Regenerative Design: Linking Ecosystem Functioning and Urban Built Environments.( 2021)


https://www.mdpi.com/2071-1050/13/1/404


IPCC (GIEC) Report. : https://www.ipcc.ch/srccl/ 


IPCC (GIEC) 2019. Land Degradation chp.4 : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2019/08/2e.-Chapter-4_FINAL.pdf


IPCC (GIEC) 2019. Food Security chp.5 : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/4/2021/02/08_Chapter-5_3.pdf


IPCC (GIEC) 2019. Rapport sur les océans : https://www.ipcc.ch/srocc/ et https://www.ecologie.gouv.fr/giec-devoile-rapport-sur-oceans


Les cycles biogéochimiques :https://fertilisation-edu.fr/cycles-bio-geo-chimiques.html


https://www.ipcc.ch/reports/


Intensifier les fonctions écologiques du sol pour fournir durablement des services écosystémiques en agriculture. (2020)


https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers20-04/010077640.pdf


Tending the wild: Native American knowledge and the management of California’s natural resources.(2013)


Native American perspectives on health and traditional ecological knowledge.(2018)


https://scholar.google.com/scholar?hl=en&as_sdt=0,5&qsp=2&q=native+american+knowledge&qst=br


ON THE INFLUENCE OF CHAMPA RICE UPON THE RICE CULTURE IN ANCIENT CHINA. (1991): https://en.cnki.com.cn/Article_en/CJFDTotal-ZRKY199101006.htm


Déboussolés et perfusés (Stéphane Linou et Marie Anderes): https://blogs.mediapart.fr/stephane-linou/blog/170918/deboussoles-et-perfuses


Écoagriculture https://peoplefoodandnature.org/blog/agroecology-and-ecoagriculture-coming-to-terms-with-the-terminology/


Elaine Ingham. The soil foodweb school : https://scholar.google.com/citations?user=iOm3z4AAAAAJ&hl=en


Loi MAPTAM : loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028526298/


Loi NOTRe : loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République : https://www.vie-publique.fr/loi/20721-loi-notre-loi-du-7-aout-2015-nouvelle-organisation-territoriale-de-la


EPCI : établissement public de coopération intercommunale : https://www.vie-publique.fr/fiches/20118-la-cooperation-intercommunale-et-les-epci


SCOT : schéma de cohérence territoriale : https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/le-scot-un-projet-strategique-partage-pour-lamenagement-dun-territoire


PLUi : plan local d’urbanisme intercommunal : https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/demarche-et-outils-pour-elaborer-un-plan-local-durbanisme-plu-et-un-plui


PCAET : plan climat-air-énergie territorial : https://www.actu-environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/plan-climat-air-energie.php4


GEMAPI : gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations : https://www.ecologie.gouv.fr/gestion-des-milieux-aquatiques-et-prevention-des-inondations-gemapi


Recherche et développement
“OBJECTIFS”

Concilier production alimentaire, régénération des services écosystémiques, préservation de la biodiversité, relocalisation des cycles biogéochimiques.

Objectifs de recherche
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