L'URGENCE DE DEVENIR PLUS SAGE

Les connaissances des peuples premiers ont été ignorées jusqu’à ce jour en Europe et aux États Unis. Si leurs modes de vie parfois nous inspire, ils sont en quelques sortes les premiers écologues et agronomes du monde.

La colonisation a effacé de nombreux peuples, violé de nombreuses terres et femmes et détruit des écosystèmes. Plus récemment, avec la globalisation de l’agriculture, nos modes de production et consommation sont responsables de l’appauvrissement de la biosphère à l’échelle internationale.

La vie quitte nos sols et le cycle de l’eau planétaire est rompu.

Par ailleurs le rythme de notre société et la qualité de nos aliments influencent notre santé, comportements et défenses immunitaires. Le bon fonctionnement de notre microbiote intestinale dépend étroitement de la santé du microbiote des sols qui lui même dépend de la santé du microbiote territorial (l’aménagement des territoires S.Linou).

Il devient urgent de sortir des pensées en silo, sortir de la pensée dissociative afin d’opter pour une compréhension holistique, une vision intégrative et régénératrice du vivant.

En Aout 2019 le GIEC a publié un rapport affirmant le lien entre l’insécurité alimentaire actuel et nos méthodes de production alimentaire non durables.

Blue Soil a traduit ce rapport et en a extrait le plus important. (voir encadré ci-dessous)

GIEC 2019: La nécessaire R-évolution de l’agriculture

Évolution de la biologie du sol de dieulefit

L’application des méthodes de l’agroécologie ont débuté en 2019. La photo de gauche montre le sol à son état initial. La photo de droite montre le sol en cours de régénération en Mai 2020.

DISPARITION DE LA BIOLOGIE DES SOLS

Un sol est qualifié de sol lorsqu’il a ces 3 aspects, sinon c’est une matière morte

  • Sa texture (sable, limon, argile, silice…)
  • Sa matière organique
  • Sa biologie

 L’obsolescence de nos modes de production et du système agricole est fondée sur la nécessité de dérégler un écosystème initial afin de le reparamétrer sur les besoins des humains. La destruction de la biologie des sols par notre activité a donc engendré un système de dépendance aux intrants chimiques, eux même indexé sur le pétrole des importations et exportations.

Notre méconnaissance du macro-organisme Terre nous a conduits à faire des choix court-termistes.

Nourrir les plantes plutôt que les sols est contre productif sur le long terme. Déforester pour installer des kilomètres de champs en monoculture revient à détruire une biodiversité équilibrée qui savait s’autoréguler et garder l’eau dans le sol. L’installation d’une steppe désertique perfusée aux intrants chimiques indexés sur l’extraction du phosphore dans 5 pays, nous rend encore plus vulnérable.

RARETÉ DE L'EAU

Seule 3% de l’eau de la Terre est constituée d’eau douce et 97% d’eau salée. La distribution d’eau douce se répartit de la manière suivante :

  • Les eaux de surface continentales
  • Les eaux souterraines (nappes phréatiques)
  • Les eaux gelées qui fondent rapidement avec le dérèglement climatique
  • Les rivières et lacs qui s’assèchent

« L’ eau est le sang des terres, le cœur des forêts, le point d’équilibre de notre climat et le gardien de notre alimentation. » C.B.

Notre gestion de l’eau n’est pas en phase avec les ressources disponibles. Notre méconnaissance de cet élément, pourtant si vital, conduit nos écosystèmes vers une désertification rendant les sols stériles.

 Nos modes de productions consomment une quantité largement supérieure au renouvellement du cycle de l’eau. L’exemple de l’utilisation de l’eau potable pour nos toilettes dans les pays développés alors que le reste du monde ne dispose d’aucun accès à l’eau potable (ou à l’eau tout simplement), témoigne de la mauvaise gestion de cette ressource.

En 2019, la France comptait 73 départements dans en état d‘alerte hydrique et de restriction hydrique.

En avril 2018, le gouvernement sud-africain a limité la consommation d’eau de la ville du Cap à un ratio de 40 litres par personne. Cela représente 4 chasses d’eau par jour. 40 litres pour nettoyer la vaisselle, arroser le jardin, prendre la douche, faire la cuisine … Pendant ce temps, les agriculteurs ne pouvaient pas arroser leurs terres et subissaient une perte importante. L’armée a réquisitionné les ressources d’eau afin de les redistribuer à la population. 

En Europe, l’eau douce quitte silencieusement nos sols. La déforestation, nos modes de production, de consommation, la bétonisation des terres agricoles sont des facteurs dont nous pouvons changer la gestion.

Nous avons besoin d’outils transitoires capables de produire des aliments 100% naturels, capables d’économiser l’eau douce, de régénérer les écosystèmes du sol et des moyens pour dépolluer les cours d’eau.

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/giec-devoile-rapport-sur-oceans

Blue Soil répond par une stratégie basée sur le biomimétisme des écosystèmes

Céline Basset, Fondatrice de Blue Soil

Membre stratégique resilience alimentaire chez SOSMAIRES https://sosmaires.org/

Co-Fondatrice Existence B https://www.existenceb.fr/fondateurs/ 

Présidente de l’association Archimède

« Mes débuts »

Parcours atypique, j’ai passé 12 années de ma vie à l’étranger entre le Niger en Afrique de l’Ouest, les États-Unis, le Canada, le Vietnam, la Birmanie, Bali et la France. Mon rapport avec la Nature a été stimulé dès mon enfance.

Diplômée d’un Master recherche en sciences humaines, psychologie (spécialité neuropsychologie, neurosciences cognitives) j’ai été acceptée à la New York University (NYU) mais ma classe sociale ne me permettait pas de subvenir aux financements requis pour poursuivre mon PhD.

Mon job étudiant était réserviste pour la Gendarmerie Nationale. Il me parait donc évident que les enjeux de la sécurité civile soient corrélés à la sécurité alimentaire et à la bonne santé des territoires et écosystèmes locaux.

« Scientifique, innovatrice et agricultrice »

Aujourd’hui, j’accumule plus de 6 années d’expérience en aquaponie. Cette expertise provient des États-Unis où l’on pratique l’aquaponie industrielle et de l’Asie du Sud-Est où l’on pratique la rizipisciculture.

L’eau est l’élément central pour changer nos modes de production alimentaire avec sagesse.

Ma démarche scientifique et mes expérimentations ont consisté en l’exploration des combinaisons des méthodes agricoles régénératives et productives. Tout doit être en lien, recyclé et réutilisé.

« Partir de l’expérience pour modéliser « 

En 2014, je suis aux États-Unis et une maladie des intestins liée à ma consommation alimentaire de produits issus de l’agriculture conventionnelle des États-Unis, m’ont fait perdre 30kg et semblait me condamner. Je décide de mettre mes unités attentionnelles au service du Vivant et remets les mains dans la terre pour développer le modèle Blue Soil et expérimenter mes hypothèses.

Le modèle Blue Soil est basé sur un retour d’expérience de toutes ces années d’expérimentation empirique. Les micro-fermes que j’ai construites ont été mes laboratoires dans lesquelles j’ai pu observer l’application de ces méthodes agricoles régénératives et productives dans différents climats.

« La Ceinture Alimentaire répond à un impensé  »

Elle est calibrée sur un impensé agricole, c’est à dire la prise en compte des délais imposés par les processus régénératifs du sol et des écosystèmes. Elle est opérée en petites unités autonomes & solidaires, implantée aux plus proches des habitants et dans les endroits les plus vulnérables des villes et des campagnes.

« Le Brevet »

Suite à ce retour d’expérience empirique, en 2019, je rentre en France et décide d’effectuer un dépôt de brevet.  Ce procédé est consacré à nourrir et revivifier le vivant et non à relancer une machinerie dévitalisée d’exploitation de l’homme sur la Nature et la femme; ni même de fonctionner à nouveau avec des modes de production alimentaire centralisés et indexés sur le pétrole et l’importation de phosphore.

« Impliquer les agriculteurs et agricultrices »

Les paysan.ne.s et agriculteur.trice.s sont la manne de notre pays. Si nous devons changer nos modes de production alimentaire, c’est par eux que tout commence.