L'URGENCE DE DEVENIR PLUS SAGE

Les connaissances autochtones des peuples premiers ont été pillées. En Europe et aux États Unis, lors de la grande Inquisition à partir du 14ème siècle les femmes et hommes de savoirs ont été accusés de pactiser avec l’obscur; conséquences, ils et elles ont été condamnés, bannis et brûlés avec leur savoir de tout un écosystème.

Puis cela a continué sur le continent américain, africain, asiatique…Les conquêtes ont annihilé de nombreux peuples, violé de nombreuses terres et femmes, saccagé les écosystèmes.

Notre déconnexion du Vivant atteint son apogée lorsqu’il quitte nos sols.

Le GIEC a publié un rapport en août 2019 sur l’insécurité alimentaire liée aux méthodes non durables de l’agriculture conventionnelle. La fondatrice de Blue Soil s’est mise à la tâche pour traduire ce rapport et en extraire le plus important. (voir encadré ci-dessous)

GIEC 2019: La nécessaire R-évolution de l’agriculture

Évolution de la biologie du sol de dieulefit

L’application des méthodes de l’agroécologie ont débuté en 2019. La photo de gauche montre le sol à son état initial. La photo de droite montre le sol en cours de régénération en Mai 2020.

DISPARITION DE LA BIOLOGIE DES SOLS

Un sol est qualifié de sol lorsqu’il a ces 3 aspects, sinon c’est une matière morte

  • Sa texture (sable, limon, argile, silice…)
  • Sa matière organique
  • Sa biologie

 L’obsolescence de nos modes de production et du système agricole est fondée sur la nécessité de dérégler un écosystème initial afin de le reparamétrer sur les besoins des humains. La destruction de la biologie des sols par notre activité a donc engendré un système de dépendance aux intrants chimiques.

Notre méconnaissance du macro-organisme Terre nous a conduits à faire des choix court-termistes.

Nourrir les plantes plutôt que les sols est contre productif sur le long terme. Déforester pour installer des kilomètres de champs en monoculture revient à détruire une biodiversité équilibrée qui savait s’autoréguler et garder ses nutriments et l’eau dans le sol. Et cela au profit de l’installation d’une steppe désertique dépendante d’intrants chimiques indexés sur l’extraction de minerais et de pétrole.

Dans le but de rectifier les directions antérieures, il convient de démocratiser le savoir du vivant.

RARETÉ DE L'EAU

Seule 3% de l’eau de la Terre est constituée d’eau douce et 97% d’eau salée. La distribution d’eau douce se répartit de la manière suivante :

  • Les eaux de surface continentales
  • Les eaux souterraines (nappes phréatiques)
  • Les eaux gelées qui fondent rapidement avec le dérèglement climatique
  • Les rivières et lacs qui s’assèchent

« L’ eau est le sang des terres, le cœur des forêts, le point d’équilibre de notre climat et le gardien de notre alimentation. » C.B.

Notre gestion de l’eau n’est pas en phase avec les ressources disponibles. Notre méconnaissance de cet élément, pourtant si vital, conduit nos écosystèmes vers une désertification rendant les sols stériles.

 Nos modes de productions consomment une quantité largement supérieure au renouvellement du cycle de l’eau. L’exemple de l’utilisation de l’eau potable pour nos toilettes dans les pays développés alors que le reste du monde ne dispose d’aucun accès à l’eau potable (ou à l’eau tout simplement), témoigne de la mauvaise gestion de cette ressource.

En 2019, la France comptait 73 départements dans en état d‘alerte hydrique et de restriction hydrique.

En avril 2018, le gouvernement sud-africain a limité la consommation d’eau de la ville du Cap à un ratio de 40 litres par personne. Cela représente 4 chasses d’eau par jour. 40 litres pour nettoyer la vaisselle, arroser le jardin, prendre la douche, faire la cuisine … Pendant ce temps, les agriculteurs ne pouvaient pas arroser leurs terres et subissaient une perte importante. L’armée a réquisitionné les ressources d’eau afin de les redistribuer à la population. 

En Europe, l’eau douce quitte silencieusement nos sols. La déforestation, nos modes de production, de consommation, la bétonisation des terres agricoles sont des facteurs dont nous pouvons changer la gestion.

Nous avons besoin d’outils transitoires capables de produire des aliments 100% naturels, capables d’économiser l’eau douce, de régénérer les écosystèmes du sol et des moyens pour dépolluer les cours d’eau.

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/giec-devoile-rapport-sur-oceans

Blue Soil répond par une stratégie basée sur le biomimétisme des écosystèmes

Céline Basset, Fondatrice de Blue Soil

Membre stratégique resilience alimentaire chez SOSMAIRES https://sosmaires.org/

Co-Fondatrice Existence B https://www.existenceb.fr/fondateurs/ 

Présidente de l’association Archimède http://www.archimedeasso.com/

« Mes débuts »

Parcours atypique, j’ai passé 12 années de ma vie à l’étranger entre l’Afrique de l’Ouest, les États-Unis, le Canada, le Vietnam, la Birmanie, Bali et la France. Mon rapport avec la Nature a été stimulé dès mon enfance.

Diplômée d’un Master recherche en sciences humaines, psychologie (spécialité neuropsychologie, neurosciences cognitives) j’ai été acceptée à la New York University, mais ma classe sociale ne me permettait pas de subvenir aux financements requis pour poursuivre.

Mon job étudiant était réserviste pour la Gendarmerie Nationale. Il me parait donc évident que les enjeux de la sécurité civile soient corrélés à la sécurité alimentaire et à la bonne santé de nos écosystèmes.

« Scientifique, innovatrice et agricultrice »

Aujourd’hui, j’accumule plus de 6 années d’expérience en aquaponie. Cette expertise provient des États-Unis où l’on pratique l’aquaponie industrielle et de l’Asie du Sud-Est où l’on pratique la rizipisciculture.

L’eau est l’élément central pour changer nos modes de production alimentaire avec sagesse.

Ma démarche scientifique et mes expérimentations ont consisté en l’exploration des combinaisons des méthodes agricoles régénératives et productives. Tout doit être en lien, recyclé et réutilisé.

« Partir de l’expérience pour modéliser « 

En 2014, je suis aux États-Unis et une maladie des intestins liée à ma consommation alimentaire de produits issus de l’agriculture conventionnelle des États-Unis, m’ont fait perdre 30kg et semblait me condamner. Je décide de mettre mes unités attentionnelles au service du Vivant et remets les mains dans la terre pour développer le modèle Blue Soil et expérimenter mes hypothèses.

Le modèle Blue Soil est basé sur un retour d’expérience de toutes ces années d’expérimentation empirique. Les micro-fermes que j’ai construites ont été mes laboratoires dans lesquelles j’ai pu observer l’application de ces méthodes agricoles régénératives et productives dans différents climats.

« Le Brevet »

Suite à ce retour d’expérience empirique, en 2019, je rentre en France et décide d’effectuer un dépôt de brevet.  Ce procédé est consacré à nourrir et revivifier le vivant et non à relancer une machinerie dévitalisée d’exploitation de l’homme sur la Nature et la femme; ni même de fonctionner à nouveau avec des modes de production alimentaire centralisés et indexé sur le pétrole et l’importation de phosphore.

« Impliquer les agriculteurs et agricultrices »

Les paysan.ne.s et agriculteur.trice.s sont la manne de notre pays. Si nous devons changer nos modes de production alimentaire, c’est par eux que tout commence.